Nous avons donc un entretient prévu à 14heures mais nous prenons l’initiative de nous renseigner nous-mêmes sur les démarches administratives. Nous demandons à un premier taxi qui ne sait pas où elle se trouve. Le deuxième nous emmène dans un premier lieu. Là, nous obtenons une deuxième adresse et c’est reparti ! Un vrai jeu de piste. On nous confirme qu’il faut impérativement une lettre d’invitation et comme l’ami de Pierre est injoignable, cela devient impossible.

 

Après ces allers-retours, nous filons vers notre rendez-vous à l’hôtel Abu Nawas. Le taxi nous apprend qu’il y en a deux et nous dépose devant Mercure Mechtel, anciennement Abu Nawas. Pierre se fait confirmer l’adresse par téléphone et c’est le mauvais. Par contre notre interlocuteur accepte de nous y rejoindre. Nous le rencontrons finalement, un homme sympathique, intéressé par notre parcours et notre projet qui ne pourra rien faire pour nous.

 

La matinée a été chaude et Pierre m’invite au restaurant de cet hôtel pour revoir notre projet. Notre entrée en Libye semble définitivement compromise. Dans le meilleur des cas il nous faudrait plus d’une semaine pendant laquelle nous resterions dans l’attente et l’incertitude. Si nous voulons passer trois jours à Delphes comme je l’ai promis à Pierre, puis remonter en autostop par les Balkans, il nous faut faire des choix. Le repas est excellent.  Ca fait longtemps que l’on n’a pas mangé comme ça.

 

Sur le retour à l’auberge nous cherchons le syndicat d’initiative. Nous demandons au portier d’un hôtel qui nous dit :

      - Ne cherchez plus, nous avons la personne qu’il vous faut.

Il revient :

      - Voici « Monsieur Office du Tourisme ».

 

Un homme d’une soixantaine d’années nous explique tout ce qu’il faut voir à Kairouan. Il nous fait une lettre de recommandation pour un de ses anciens élèves, directeur d’hôtel. Il pourra peut-être nous aider à trouver un cargo pour la Grèce mais il tourne sa lettre de recommandations de telle façon que nous comprenons que notre séjour constituera une sorte d’examen de bonne conduite ! Nous rentrons à l’auberge ; Pierre fait la sieste et  je vais me perdre dans Tunis.

 

Ce soir Pierre me fait connaître la danse du ventre. Ambiance super agréable ; nous discutons bien entre nous. Ce soir nous rentrons tard, demain nous voulons nous lever à 7 heures, ça risque d’être dur, il ne nous reste plus que cinq heures à dormir.